Je n’en dis pas plus
Par Brigitte Marleau
Un jour, je t’ai aperçu,
Toi, tu ne m’as pas vu.
Il était là,
ET il t’a plu.
Dans mon regard,
As-tu vu l’espoir ?
De te parler, de te connaître.
Dans mon regard,
As-tu senti mon désespoir ?
Juste avant de disparaître.
C’était comme ça.
C’était comme ça.
Je n’ai pas rêvé,
Mais t’ es passée.
Sans t’attarder, sans me toucher.
Bien sûr que tu m’as plu…
Bien sûr que j’aurais pu…
Je n’en dis pas plus.
Je n’en dis pas plus.
Un jour, tu es revenue.
Tu m’as enfin aperçu.
Il n’était plus là,
Mais elle était là,
À côté de moi.
Elle m’avait plu.
J’ai vu la lueur au fond de tes yeux bleus.
J’ai compris, j’ai saisi.
Depuis que je l’ai vu,
Je suis malheureux.
Je n’ai rien dit, je suis parti.
As-tu senti cette détresse ?
Juste avant que je disparaisse.
C’était comme ça.
C’était comme ça.
Tu n’as pas rêvé,
Mais je suis passé,
Sans m’attarder, sans te toucher.
Bien sûr que tu m’as plu.
Bien sûr que j’aurais pu.
Je n’en dis pas plus.
Je n’en dis pas plus.
Si tout était dit,
Si tout était écrit,
Pourquoi s’être rencontré ?
Pourquoi s’être regardé?
Si tout était signé,
Pourquoi avoir insisté?
Mais je ne sais pas, au fond de moi,
Y’a comme un je ne sais quoi,
Plus fort que ça…
Plus fort que moi.
Si tout était joué,
Si les dés étaient lancés,
J’en veux à l’auteur de s’être moqué.
J’en veux au poète d’être si bête.
D’avoir écrit des lignes de délire,
Qui blessent et qui chavirent,
D’avoir amorcé une pièce,
Dont le rideau fermé à tout jamais reste.
Si tout était écrit,
Alors, pourquoi avoir ressenti,
Tout ça pour toi,
Je ne te l’ai pas dit,
Et toi non plus,
Et toi non plus.
Peut-être dans l’au-delà, sera-t-on là,
À s’attendre et à se rencontrer,
Et tu me verras et tu me diras,
Maintenant que nous sommes là …
Je suis à toi,
Je suis à toi.
Moi, le destin,
Toi, la destinée.
