Tu m’as manqué Paris
Par Brigitte Marleau
À madame Roland,
Sous tes toits, dans tes rues,
Dès que je t’ai aperçu,
J’ai su que l’on s’était connu.
Que toi et moi avions vécus,
des histoires d’amour tordues.
Paris ! Tu m’as manqué Paris
Avant toi, je ne connaissais rien de la vie.
Maintenant, je sais d’où je viens et qui je suis.
Rue Guénégaud…
Toi qui autrefois, m’as hébergée,
Hôtel britannique, temps électrique.
Oh ! Ciel ! Que tu n’as pas beaucoup changé !
Je me vois encore regarder,
Ces gens qui m’ont amené pour me juger.
Paris ! Tu m’as manqué Paris!
Avant toi, je ne connaissais rien de la vie.
Maintenant, je sais d’où je viens et qui je suis.
Que de souvenirs sur le Pont Neuf !
Guerre de livres usagés contre bouquins neufs.
Quartier Saint-Germain, cafés, terrasses, livres et destin.
Dans tes rues sombres et étroites, j’ai cheminé
Touchant chaque pierre que l’on a érigé.
Chaque coin a son histoire, mais te revoir, mais te revoir…
Paris ! Tu m’as manqué Paris !
Avant toi, je ne connaissais rien de la vie.
Maintenant, je sais d’où je viens et qui je suis.
Place des Vosges, je suis allée…
Victor Hugo, j’ai rencontré…
Il me disait : «Si difficile fut mon exil!
Mais toi, tu le sais et tu sais que je le sais.»
Catacombes, entrailles de la ville,
Cimetière docile, lignée dorée.
L’histoire digérée dans des ossements alignés.
Paris ! Tu m’as manqué Paris!
Avant toi, je ne connaissais rien de la vie.
Maintenant, je sais d’où je viens et ce que je dis.
Conciergerie…attente dans la douleur et dans les cris.
Supplications, démissions, soumissions et décapitations.
La liberté s’exprimant dans les tremblements,
L’effondrement et l’odeur du sang.
Paris, tu m’as manqué Paris …
À en perdre la tête,
À en perdre la vie.
