Passion
Par Brigitte Marleau
La passion est venue me hanter.
Elle m’a prise, elle m’a dérobée.
Je ne me souvenais plus de cette tempête,
Qui vous secoue et qui vous fouette.
Vous forçant à n’être que désir,
À n’être que plaisir.
Bonheur sublime, sourire niais,
Cœur à l’abime quand tout se tait.
Attente douloureuse d’un signe ou d’un geste,
Récompense digne et délices brefs.
N’être que bonheur.
Ne plus pouvoir vous donner l’heure.
Flotter, être légère,
Ne plus savoir ce que veut dire vivre sur terre.
Voler entre deux corps, entre deux mondes,
Inondée de grâce par des longueurs d’onde.
Savoir que d’un seul coup brutalement,
La vague ramènera l’océan,
Et les trésors qu’elle vous a fait miroiter pourtant,
Se dévoileront n’être que tourments,
Vous laissant vulnérable et dénudée,
Seule et assoiffée,
Sur cette plage au milieu de l’éternité…
Brisée, détruite, affaiblie,
Couchée dans votre lit.
Souhaiter n’avoir fait qu’un cauchemar,
N’avoir que frôlé la mort
Se relever à peine de cette douleur et de ses peines
Fatiguée, brisée et totalement brûlée.
Comment survivre à cet ardent bûcher ?
